DRAGON 1 : LES GRANDS AILES

DRAGON 1 : LES GRANDS AILES

Il est fortement question que ce roman ressorte aux éditions SYLVIUS courant 2017/2018 sous forme de feuilleton audio.

L'ENJEU

Bienvenue dans mon univers avec ce prologue aux Chroniques Insulaires, où la mort n'est qu'une vue de l'esprit, la mémoire une scène des plus réelles, et la vie... Ah ! la vie ! un grain de sable dans les rouages des Immortels...

Je vous invite à suivre le vol du Grand Opalin, le dragon lunaire Bromatofiel, dont la plaine mentale recueille tous ceux qu'il juge dignes de l'habiter en attendant le réveil de son compagnon de toujours, le dieu Wilfredion. J'ai voulu une trame réaliste avec non pas un héros, mais une palette de personnages profondément humains, qui avancent de front, affrontant chacun à sa manière, suivant son vécu, le destin imaginé pour eux par un dieu inconscient. Il faut avouer que les anciennes divinités ont oublié d'où elles venaient, et que le monde jusqu'alors immuable de leurs créatures - faunes, centaures, mages elfiques etc.. - a basculé lorsque les Hommes ont été introduits sur l'Echiquier par Einär, le dieu-rêveur, qui ne parvient pas à les maîtriser. Avec lui, j'ai imaginé cette partie d'échecs à trois dimensions pour vous emporter dans ma Fantasy, au sens plein du terme.

 

LES PREMIÈRES PAGES

Il y a de grands secrets dans l’univers, et celui de son origine en est un.
Tout le monde y va de son hypothèse. Quelques-uns prétendent savoir, et argumentent avec hauteur en se servant des mythes qui bâtirent leur religion.
Pourtant, aucun ne sait, car tous semblent ignorer que le monde n’existe que par la façon dont on le perçoit. Dont on le rêve, ou dont on se rappelle l’avoir traversé.
Je n’espère pas être compris de vous. J’ai une histoire à raconter, qui ne vaut que par la mémoire que j’en ai gardé. Or, je ne vis ni dans votre monde, ni par les lois qui le régissent. Je n’existe pas, de la façon dont vous le concevez, tout comme à mon échelle, vous n’avez guère de réalité à opposer à la mienne.
Mon nom est Einär.
Je suis de cette race que vous qualifiez inconsidérément de «divine ». Je ne suis pas un dieu, en fait, bien qu’à votre échelle je n’aie pas d’âge et que je sois immortel. Je suis différent de vous, d’une autre essence, d’un autre temps. Mes semblables et moi sommes ceux qui vous ont précédés, et qui, sans doute, poursuivront leur ennuyeuse existence après que le dernier d’entre vous aura disparu. A vos yeux, certes, je suis donc un dieu, mais vous auriez tord de m’assimiler à ces divinités élémentaires, naturelles, qui expliquent votre monde, visible et invisible, et vous permettent ainsi d’exister. Je n’ai rien à voir avec cela. Je n’ai rien à voir avec la Nature, la Terre Mère, le Ciel ou le Royaume des Morts.
Je suis Einär, et mon unique pouvoir, ma toute-puissance, réside dans le rêve.
Je rêve, et je tisse le cours du temps à ma guise. Je raconte et découvre à la fois l’histoire de ce qui vit, et de ce qui meurt.
Cette faculté n’a pas toujours été mienne. Je la dois sans doute à cette interminable éternité que je traîne derrière moi, et qui me devance. Comme tout ce qui est, je subis l’évolution, et je me suis adapté à l’ennui qui détruit un à un mes congénères en les plongeant dans une léthargie sans fin. Dans l’oubli.
Je rêve, et l’histoire qui suit est le fruit de ma création. Mes rêves sont votre réalité, et me permettent d’y participer.
Celle-ci est celle des êtres qui m’ont servi à tisser ma propre trame, l’avènement d’un multivers qui n’obéira désormais qu’à mes règles.
Dorénavant, je vis dans et par la mémoire du grand dragon opalin, Bromatofiel. Là-bas réside l’essence de tous les mondes, et de ceux qui ont été élus par la conscience sacrée de Bromatofiel ou de ses congénères. Les dieux eux-mêmes sont bien peu de chose à côté des dragons, car ils ne les ont pas créés. Les dragons m’ont aidé dans ma tâche, avec indulgence et sagesse. Ils savent que je n’existe pas vraiment, et que mes rêves ne sont que ce qu’ils sont, des créations mentales. Je sais que Bromatofiel en rit, parfois, comme il rit de moi, sans méchanceté. Simplement parce que je ne suis qu’un enfant, à côté de lui et de sa phénoménale mémoire où nous demeurons tous, êtres éternels comme simples mortels…
D’ici, depuis cette dimension mouvante peuplée des souvenirs du monde, tout semble si étrangement dénué d’importance qu’il m’est difficile de commencer mon récit. Le temps et l’espace me sont étrangers, mais je les devine élastiques et sans fin. J’ai eu tant de mal à comprendre leur essence, et pourtant je ne sais déjà plus très bien ce que signifie naître et mourir pour vous. Cependant, grâce au dragon, je sais qu’il y a une infinité d’espaces, de dimensions, de réalités, et que toutes s’interpénètrent et interfèrent entre elles au gré des dieux et au gré du Temps qui passe, malgré tout.
Mais je sais aussi que rien, pas même cela, ne peut rivaliser avec la complexité humaine confrontée aux plans divins. Je l’ai rêvé et mis en scène pour ceux d’entre vous, Mortels, qui voudront bien se souvenir de moi, et m’adorer encore un peu.

 

PRIX & NOMINATIONS

Nominé au premier tour du Prix Merlin 2001 (vote public)